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Assurance Tous Risques Chantier (TRC) : ce qu'elle couvre et qui doit la souscrire

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Laurent Chantrel
Expert Assurance BTP
6 min de lecture
Illustration : Assurance Tous Risques Chantier (TRC) : ce qu'elle couvre et qui doit la souscrire
En résumé

L'assurance Tous Risques Chantier (TRC) couvre les dommages matériels accidentels survenant PENDANT les travaux, avant réception. Elle est souscrite par le maître d'ouvrage ou le contractant général, et prend fin dès la réception — moment à partir duquel la garantie décennale et la dommages-ouvrage

Points clés
  • L'assurance Tous Risques Chantier (TRC) couvre les dommages matériels accidentels pendant les travaux, avant réception — incendie, tempête, vol, maladresse, effondrement partiel.
  • La TRC est facultative : aucun texte de loi ne l'impose, contrairement à la RC décennale (art. L.241-1 Code des assurances) et à la dommages-ouvrage.
  • C'est le maître d'ouvrage (ou le contractant général) qui souscrit la TRC, pas l'artisan — mais ce dernier peut y être co-assuré.
  • La réception des travaux est le pivot : la TRC s'éteint à la réception, et les garanties décennales (10 ans) prennent le relais à partir de ce moment.
  • TRC, décennale et dommages-ouvrage sont trois assurances complémentaires couvrant trois phases distinctes d'un même projet de construction.

L'assurance Tous Risques Chantier (TRC) est souvent la grande oubliée des assurances construction. Pourtant, elle joue un rôle clé pendant la phase la plus exposée d'un projet : le chantier lui-même. Un incendie, une tempête, un vol de matériaux, une erreur d'engin… ces sinistres surviennent avant même que la décennale ou la dommages-ouvrage ne puissent s'appliquer. La TRC est là pour ça.

Voici tout ce que vous devez savoir sur cette assurance : sa définition, ce qu'elle couvre réellement, qui doit la souscrire, et comment elle s'articule avec les autres assurances construction obligatoires.

Tous risques chantier : définition et principe

L'assurance TRC est une assurance de choses — elle couvre l'ouvrage en construction en tant qu'objet matériel. Elle indemnise les dommages accidentels causés à tout ou partie du chantier pendant la période de construction, c'est-à-dire entre l'ouverture du chantier et la réception des travaux.

Son principe est simple : toute cause de dommage est couverte, sauf exclusions explicitement listées dans le contrat. On parle de couverture "tous risques" par opposition à une couverture "risques nommés" (où seuls les sinistres expressément listés sont garantis).

C'est une assurance facultative : aucun texte de loi ne l'impose comme la décennale (art. L.241-1 du Code des assurances) ou la dommages-ouvrage. Mais sur les chantiers d'une certaine envergure, rares sont les maîtres d'ouvrage et les banques finançant le projet à s'en passer.

Ce que couvre l'assurance TRC

Les garanties de base

La TRC prend en charge les dommages matériels accidentels affectant l'ouvrage en cours de construction :

  • Incendie, explosion, foudre sur le chantier
  • Tempête, grêle, neige — dommages climatiques pendant les travaux
  • Vol et vandalisme de matériaux ou d'équipements mis en œuvre
  • Dégâts des eaux (infiltrations, inondations accidentelles)
  • Chute, choc, maladresse d'un engin ou d'une équipe
  • Effondrement partiel ou affaissement avant réception
  • Erreur de conception ou d'exécution dans certains contrats étendus (souvent en option)

Ce que la TRC ne couvre pas

Comme toute assurance, la TRC comporte des exclusions. En général, sont exclus :

  • L'usure normale et les défauts inhérents aux matériaux
  • Les dommages volontaires
  • Les dommages de guerre ou actes terroristes (sauf garantie spécifique)
  • Les équipements non encore mis en œuvre (couverts plutôt par une assurance matériel)
  • Les dommages immatériels consécutifs (pertes d'exploitation) — sauf option
  • Les sinistres survenus après la réception des travaux (plus du tout du ressort de la TRC)

> À retenir : la TRC couvre l'ouvrage *en train de naître*. Dès la réception, le relais est pris par d'autres garanties.

Qui souscrit l'assurance TRC ? Maître d'ouvrage ou entreprise ?

C'est le maître d'ouvrage (le propriétaire qui fait réaliser les travaux) qui souscrit en principe l'assurance TRC. Il est le bénéficiaire naturel puisqu'il supporte le risque de perte de l'ouvrage pendant la construction.

Sur des chantiers plus complexes, c'est parfois le contractant général ou le maître d'œuvre qui souscrit la TRC pour le compte du maître d'ouvrage et de toutes les entreprises intervenantes — on parle alors de police unique de chantier (PUC).

Les entreprises et artisans peuvent être co-assurés ou assurés additionnels dans la police TRC du maître d'ouvrage, ce qui simplifie la gestion des sinistres en cas de dommages impliquant plusieurs intervenants. Pour comprendre comment cette logique de recours entre intervenants fonctionne, l'article sur la convention de non-recours en assurance construction apporte un éclairage utile.

Artisan : devez-vous vous préoccuper de la TRC ?

En tant qu'artisan, vous n'êtes généralement pas l'assureur de la TRC. Mais vous avez intérêt à vérifier :

  • Qu'une TRC est bien en place sur le chantier (demandez-le au maître d'ouvrage)
  • Si vous y êtes co-assuré — sinon, votre RC Exploitation (ou RC Pro) reste votre principale protection pour les dommages causés aux tiers *pendant* le chantier

Votre assurance décennale ne couvre pas les dommages survenus avant la réception. Ce point est fondamental.

TRC, décennale et dommages-ouvrage : trois assurances, trois phases

Comprendre l'assurance TRC, c'est aussi comprendre sa place dans le triptyque des assurances construction. Les trois garanties sont complémentaires et chronologiquement articulées :

| Assurance | Phase | Qui souscrit | Obligatoire ? |

|---|---|---|---|

| TRC | Pendant les travaux | Maître d'ouvrage (ou contractant général) | Non |

| RC Décennale | Après réception (10 ans) | Constructeur (artisan, entreprise…) | Oui |

| Dommages-Ouvrage | Après réception (10 ans) | Maître d'ouvrage | Oui |

La dommages-ouvrage et la décennale s'articulent entre elles selon un mécanisme précis : la DO préfinance les réparations sans attendre la recherche de responsabilité, puis se retourne contre l'assureur décennal. Mais tout cela ne se déclenche qu'après la réception.

La réception : le pivot entre TRC et décennale

La réception des travaux est le moment juridique clé. C'est l'acte par lequel le maître d'ouvrage accepte formellement l'ouvrage réalisé. Ce moment :

  • Éteint la couverture TRC
  • Déclenche le point de départ des garanties post-réception (parfait achèvement, bon fonctionnement, décennale)

Si un sinistre survient la veille de la réception, c'est la TRC qui joue. Le lendemain de la réception, c'est la décennale. Cette distinction peut avoir des conséquences majeures sur l'indemnisation.

Pour tout ce qui concerne les garanties après réception et la procédure en cas de désordre, consultez notre guide sur comment faire jouer la garantie décennale.

TRC et assurance dommages-ouvrage : la DROC comme lien

Lorsqu'une dommages-ouvrage (DO) est souscrite par le maître d'ouvrage, celui-ci doit transmettre à son assureur une déclaration réglementaire d'ouverture de chantier (DROC) avant le démarrage des travaux. C'est ce document qui officialise le début du chantier auprès de l'assureur DO.

La TRC et la DO sont deux polices distinctes mais souvent souscrites simultanément. Elles ne se confondent pas : la DO ne couvre pas les dommages pendant les travaux, seulement après réception. Certains assureurs proposent des contrats packagés TRC + DO pour simplifier la gestion, notamment sur les opérations de promotion immobilière ou de CCMI.

Chantiers concernés : petits travaux ou gros œuvre ?

La TRC est particulièrement recommandée — voire exigée par les banques — sur :

  • Les constructions neuves (maisons individuelles, immeubles, locaux professionnels)
  • Les opérations de réhabilitation lourde
  • Les chantiers avec plusieurs corps de métier intervenant simultanément
  • Les projets financés par un prêt immobilier (les établissements bancaires la demandent fréquemment)

Sur de petits chantiers de rénovation (second œuvre léger, finitions), la TRC est moins systématique. Dans ce cas, la RC Exploitation de chaque entreprise intervenante reste le filet de sécurité pendant les travaux.

Ce que Partner Construction peut faire pour vous

Partner Construction est un courtier spécialisé en assurance construction (ORIAS n° 11 061 402). Notre rôle est de vous aider à identifier les bonnes couvertures selon votre situation : décennale obligatoire pour votre activité, RC Exploitation, et accompagnement du maître d'ouvrage pour la DO ou la TRC.

Nous ne vendons pas la TRC comme une obligation, mais nous vous aidons à cartographier vos risques réels et à ne pas laisser de zone blanche entre vos assurances. La période de chantier est souvent la plus vulnérable — et la moins couverte.

Vous êtes artisan, contractant général ou maître d'ouvrage et vous souhaitez faire le point sur votre couverture ?

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Sources

Questions fréquentes

L'assurance Tous Risques Chantier est-elle obligatoire ?

Non. La TRC est une assurance facultative. Contrairement à la RC décennale et à la dommages-ouvrage, aucun texte de loi ne l'impose. Toutefois, les établissements bancaires finançant un projet de construction la demandent souvent comme condition de prêt.

Qui souscrit l'assurance TRC : le maître d'ouvrage ou l'artisan ?

C'est en principe le maître d'ouvrage qui souscrit la TRC. Sur les grands chantiers, le contractant général peut le faire pour le compte de toutes les entreprises intervenantes (police unique de chantier). L'artisan n'est pas le souscripteur habituel de cette police.

Quelle est la différence entre la TRC et la RC décennale ?

La TRC couvre les dommages matériels accidentels pendant les travaux (avant réception). La RC décennale couvre les désordres graves apparus après la réception, pendant 10 ans. Elles ne se superposent pas : la TRC s'éteint à la réception, moment où la décennale démarre.

La TRC couvre-t-elle le vol de matériaux sur chantier ?

Oui, dans la plupart des contrats TRC standard, le vol et le vandalisme de matériaux ou d'équipements mis en œuvre sur le chantier font partie des garanties de base. Vérifiez néanmoins les conditions de sécurité imposées par le contrat (clôtures, gardiennage, etc.).

La TRC et la dommages-ouvrage peuvent-elles être souscrites ensemble ?

Oui. Certains assureurs proposent des contrats packagés TRC + dommages-ouvrage, notamment pour les opérations de construction neuve ou de CCMI. Les deux polices restent juridiquement distinctes mais sont complémentaires dans le temps.

Que se passe-t-il si un sinistre survient pendant les travaux sans TRC ?

Sans TRC, le maître d'ouvrage supporte personnellement le coût de reconstruction ou de réparation de l'ouvrage endommagé. La RC Exploitation des artisans peut couvrir les dommages causés aux tiers, mais pas nécessairement l'ouvrage lui-même.

L'assurance décennale de l'artisan couvre-t-elle les dommages pendant les travaux ?

Non. La RC décennale ne couvre que les dommages apparus après la réception des travaux. Les dommages survenus pendant le chantier relèvent soit de la TRC (pour l'ouvrage), soit de la RC Exploitation de l'artisan (pour les dommages causés aux tiers).

À quel moment la TRC prend-elle fin ?

La TRC prend fin à la réception des travaux, c'est-à-dire au moment où le maître d'ouvrage accepte formellement l'ouvrage réalisé. Certains contrats prévoient une période de maintenance de courte durée après réception, mais la couverture principale cesse à ce moment précis.

Sources & références

  • La RC décennale est obligatoire pour tous les intervenants réputés constructeursart. L.241-1 Code des assurances — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006796092
  • La dommages-ouvrage est obligatoire pour le maître d'ouvrageart. L.242-1 Code des assurances — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037004386
  • Absence de RC décennale : amende jusqu'à 75 000 € et/ou jusqu'à 6 mois de prisonart. L.243-3 Code des assurances — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006796097
  • La garantie décennale court 10 ans à compter de la réception des travauxart. 1792 Code civil — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006441189
  • La TRC est une assurance facultative — aucun texte ne l'imposehttps://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23763
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