L'actualité assurance décennale BTP de ce second semestre 2026 tient en un nom : QBE. L'assureur australien, présent sur le marché français de la construction depuis une vingtaine d'années, envisage de mettre fin à son exposition à la garantie RC décennale d'ici le 31 décembre 2026. Si la direction de QBE France précise qu'« aucune décision définitive n'a été arrêtée à ce jour », le signal envoyé au marché est suffisamment clair pour que les artisans concernés agissent sans attendre.
Ce départ potentiel s'inscrit dans un contexte de marché déjà très tendu, que nous avions analysé dans notre article sur le marché de l'assurance décennale sous tension et le retrait possible de QBE. Voici ce que cette actualité change concrètement pour vous.
QBE : un retrait annoncé progressivement depuis septembre 2025
Le dossier QBE ne sort pas de nulle part. Dès septembre 2025, le site News Assurances Pro révélait que QBE France prévoyait de se retirer de l'activité construction pour les artisans réalisant moins de 500 000 € de chiffre d'affaires — soit la tranche la plus courante parmi les artisans du bâtiment.
En juin 2026, L'Argus de l'Assurance et le courtier Howden Group ont confirmé et amplifié l'information : le retrait viserait cette fois l'ensemble du portefeuille RC décennale, avec une sortie cible au 31 décembre 2026.
La justification avancée par QBE France est directe : le secteur du bâtiment traverse une période de fragilité structurelle, marquée par une baisse des mises en chantier, une augmentation des coûts, un rallongement des délais et une multiplication des litiges et des sinistres complexes.
Ce diagnostic n'est pas isolé. Il rejoint les signaux déjà émis par d'autres acteurs du marché, comme le montraient les bilans 2025 des assureurs BTP — chiffres d'affaires en hausse mais résultats techniques sous pression.
Ce que ce retrait change concrètement pour le marché
Un vide difficile à combler rapidement
Le marché français de l'assurance construction était évalué à 3,1 milliards d'euros de primes en 2024, dont 74 % en RC décennale. QBE y occupait une place réelle, notamment sur le segment des petites et moyennes entreprises.
Son départ ne sera pas indolore. Les assureurs restants devront absorber une partie des portefeuilles libérés — avec, à la clé, une sélectivité accrue et des conditions de placement qui se tendent.
Des renouvellements sous pression dès janvier 2027
Le groupe Howden alerte sur un risque d'effet d'aubaine tarifaire : les acteurs restants pourraient profiter de la tension pour durcir leurs conditions lors des renouvellements de janvier 2027. Les artisans qui attendront la dernière minute s'exposeront à des délais de placement allongés, à un examen plus strict de leur dossier (sinistralité, activités déclarées, certifications) et potentiellement à des conditions moins favorables.
Un marché qui se concentre — avec des risques de dérive
Ce contexte de concentration rappelle l'importance de rester vigilant sur la solidité de son assureur. Des alertes récentes — comme celle de l'ACPR sur Coppam Assurances Solidaires et les contrats sans agrément — montrent que la tension sur l'offre peut ouvrir la porte à des acteurs peu fiables. Vérifier l'agrément de son assureur via le registre REGAFI est un réflexe à adopter.
Êtes-vous concerné ? Les trois situations à identifier
1. Vous êtes assuré chez QBE
Votre contrat reste valide pour les chantiers en cours et passés : l'assureur demeure tenu d'indemniser les sinistres sur les contrats déjà souscrits, y compris après son éventuel retrait du marché. Votre couverture décennale sur les chantiers réceptionnés ne disparaît pas du jour au lendemain.
En revanche, il est vivement conseillé d'anticiper dès maintenant le transfert vers un autre porteur, sans attendre l'urgence de fin d'année.
2. Vous cherchez une première décennale ou renouvelez bientôt
Le marché qui se concentre rend la souscription plus sélective. Un dossier bien préparé — activités correctement déclarées, sinistralité maîtrisée, certifications à jour — est votre meilleur atout pour obtenir des conditions compétitives. Anticiper à six mois de l'échéance reste la règle d'or.
3. Vous changez d'assureur : la clause de reprise du passé est cruciale
Lors de tout changement d'assureur, la clause de reprise du passé (ou « reprise du passé inconnu ») est un point technique incontournable. Elle permet au nouvel assureur de couvrir les sinistres déclarés sous le nouveau contrat, mais dont l'origine remonte à des chantiers réceptionnés sous l'ancien contrat QBE — pendant toute la durée décennale restante.
Sans cette clause, vous pouvez vous retrouver entre deux couvertures pour des chantiers anciens. C'est le point à vérifier en priorité dans tout nouveau contrat, avec l'aide d'un courtier spécialisé.
Rappel : l'obligation légale ne souffre aucune interruption
Quel que soit le contexte de marché, la RC décennale reste une obligation légale pour tout constructeur intervenant sur un ouvrage bâti — artisan, entreprise, maître d'œuvre. Toute interruption de couverture, même brève, expose l'artisan à une sanction pénale pouvant aller jusqu'à 75 000 € d'amende et 6 mois d'emprisonnement en vertu de l'article L.243-3 du Code des assurances.
La tension actuelle du marché ne justifie pas de différer sa mise en conformité — elle rend au contraire l'anticipation encore plus urgente. Si vous souhaitez vérifier que votre attestation actuelle est en ordre, notre outil de vérification d'attestation décennale vous permet de contrôler les mentions obligatoires en quelques secondes.
Ce que Partner Construction fait pour vous dans ce contexte
En tant que courtier spécialisé en assurance décennale BTP (ORIAS 11 061 402), Partner Construction compare plusieurs assureurs spécialisés pour trouver la couverture adaptée à votre métier et votre profil — y compris dans un marché sous tension.
Si vous êtes assuré chez QBE ou si votre contrat arrive à échéance dans les prochains mois, c'est le bon moment pour demander une comparaison. Plus vous anticipez, plus votre dossier sera examiné dans des conditions sereines.






