Les bilans 2025 de deux piliers de l'assurance construction ont récemment été publiés. L'Auxiliaire et SMABTP livrent un message convergent sur l'actualité assurance décennale BTP : le marché progresse en volume, mais reste sous pression sur le plan technique. Pour les artisans et entreprises du BTP, ces données ne sont pas de simples indicateurs comptables — elles annoncent des conséquences directes sur leurs conditions de couverture.
Ce que disent les chiffres 2025 : un état des lieux de l'assurance décennale BTP
L'Auxiliaire : un bénéfice en nette progression, mais un résultat technique sous tension
Selon les informations diffusées par L'Auxiliaire, l'assureur afficherait une progression de son chiffre d'affaires et de son résultat net sur l'exercice 2025. Ces données, que nous ne sommes pas en mesure de confirmer de façon indépendante à la date de publication de cet article, sont présentées ici à titre informatif et doivent être rapprochées des publications officielles de l'assureur.
De source concordante, la direction de L'Auxiliaire reconnaît que le résultat technique reste sous pression, l'assureur ayant constitué des provisions de sécurité importantes dans un contexte sectoriel BTP tendu. L'assureur aurait par ailleurs fait le choix de contenir la hausse de ses primes dans une logique mutualiste, et annoncé un plan de transformation à moyen terme.
SMABTP : une croissance soutenue, mais une rentabilité technique en repli
SMABTP afficherait de son côté une croissance significative de son chiffre d'affaires sur l'exercice 2025. Là encore, les données chiffrées précises relayées dans certains médias professionnels ne peuvent être vérifiées de façon indépendante par nos soins et sont à rapprocher des publications officielles du groupe.
La tendance générale confirmée par ces bilans est claire : les volumes progressent, mais les résultats techniques ne suivent pas. Ce déséquilibre structurel caractérise le marché depuis plusieurs exercices.
> Note de rédaction : Les chiffres détaillés (chiffre d'affaires, résultat net, ratios de solvabilité) attribués à L'Auxiliaire et à SMABTP dans certaines versions de cet article sont issus de communications sectorielles que nous n'avons pas pu vérifier de façon indépendante. Nous les avons retirés de la version principale par souci de rigueur. Nous invitons le lecteur à consulter directement les rapports annuels publiés par ces organismes.
Pourquoi ce déséquilibre technique concerne directement les artisans
Un résultat technique négatif signifie, concrètement, que les primes encaissées ne couvrent pas encore pleinement le coût des sinistres gérés. Comme l'illustre notre analyse sur la tension du marché de l'assurance décennale, ce phénomène n'est pas nouveau — mais les bilans 2025 en confirment la persistance.
Pour un artisan, cela se traduit par trois réalités concrètes.
1. Une sélectivité accrue à la souscription
Quand les assureurs provisionnent plus qu'ils n'encaissent, ils resserrent leurs critères d'acceptation. Un dossier incomplet, une activité mal déclarée ou un historique sinistré peut conduire à un refus ou à une surprime significative. Ce n'est pas un caprice tarifaire : c'est le reflet direct d'une sinistralité lourde dans le secteur.
2. Des hausses de primes qui reflètent la réalité des coûts
Les décisions tarifaires des acteurs mutualistes relèvent d'un choix de gouvernance propre à chaque organisme. D'autres acteurs du marché n'ont pas les mêmes contraintes. Dans un marché sous tension, les hausses s'expliquent avant tout par la progression des coûts de réparation et le rallongement des délais de règlement des sinistres.
3. Un contexte de marché qui récompense les dossiers bien construits
Dans un marché où même les leaders peinent à trouver leur équilibre technique, présenter son risque de façon optimale devient déterminant. Les certifications (Qualibat, RGE), les références chantier, le respect des règles de l'art — ces éléments pèsent concrètement dans la décision d'un assureur.
Ce que ça change dans la pratique pour votre souscription
Le marché de l'assurance construction n'est pas uniforme. Certains assureurs se retirent de certains segments — comme l'illustre le cas QBE — tandis que d'autres, comme L'Auxiliaire ou SMABTP, renforcent leurs positions mais avec une sélectivité accrue.
Pour un artisan qui souscrit ou renouvelle sa RC décennale, voici ce qui compte désormais :
- La complétude du dossier : déclaration précise des activités réalisées, chiffre d'affaires exact, historique sinistralité transparent.
- La cohérence entre activités déclarées et activités réelles : une activité non déclarée à l'assureur peut constituer une cause d'exclusion de garantie en cas de sinistre.
- Les qualifications et certifications : elles signalent à l'assureur un professionnel qui respecte les règles de l'art.
- L'anticipation : ne pas attendre la dernière minute pour renouveler ou changer d'assureur, surtout dans un marché où les délais de traitement s'allongent.
Un signal à ne pas ignorer
Les bilans récents des acteurs majeurs de l'assurance construction confirment que le marché traverse une phase de rééquilibrage durable. Pour les artisans, cela signifie qu'une couverture décennale solide — et bien souscrite — est plus précieuse que jamais.
Se faire accompagner par un courtier spécialisé prend ici tout son sens : dans un marché sélectif, mettre en concurrence plusieurs assureurs et présenter un dossier optimisé fait une vraie différence, tant sur l'acceptation que sur le rapport garanties/prix.






