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Marché et décryptage

Actualité assurance décennale BTP 2025 : ce que les bilans des assureurs changent pour votre couverture

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Laurent Chantrel
Expert Assurance BTP
4 min de lecture
Illustration : Actualité assurance décennale BTP 2025 : ce que les bilans des assureurs changent pour votre couverture
En résumé

Les deux principaux assureurs mutuels BTP affichent une croissance en 2025, mais leurs résultats techniques restent négatifs ou sous tension. Pour les artisans, cette actualité se traduit par une sélectivité accrue et un dossier de souscription plus décisif que jamais.

Points clés
  • L'Auxiliaire affiche 281 M€ de CA en 2025 (+6 %) et un résultat net triplé, mais son résultat technique reste légèrement négatif — signe que les primes ne couvrent pas encore pleinement les sinistres.
  • SMABTP dépasse 6 Md€ de CA (+12 %), mais son bénéfice recule de près de 15 % sous l'effet d'une charge de sinistres en hausse dans un secteur BTP en crise.
  • Un marché techniquement déficitaire conduit les assureurs à renforcer leur sélectivité : dossier incomplet ou activité mal déclarée = risque de refus ou de surprime.
  • La qualité du dossier de souscription — activités précises, certifications, historique sinistralité — devient un facteur déterminant pour obtenir une couverture décennale complète au meilleur prix.
  • Passer par un courtier spécialisé permet de mettre en concurrence plusieurs assureurs et de présenter son risque de façon optimale dans un marché sous tension.

Les bilans 2025 de deux piliers de l'assurance construction viennent de tomber. L'Auxiliaire, publié le 4 mai 2026, et SMABTP, publié le 29 mai 2026, livrent un message convergent sur l'actualité assurance décennale BTP : le marché progresse en volume, mais reste sous pression sur le plan technique. Pour les artisans et entreprises du BTP, ces chiffres ne sont pas de simples données comptables — ils annoncent des conséquences directes sur leurs conditions de couverture.

Ce que disent les chiffres 2025 : un état des lieux de l'assurance décennale BTP

L'Auxiliaire : un bénéfice triplé, mais un résultat technique négatif

L'Auxiliaire affiche un chiffre d'affaires de 281 M€ en 2025, en hausse de 6 %, avec un résultat net de près de 10 M€ — environ trois fois celui de 2024. Une progression nettement supérieure à la croissance du marché de l'assurance décennale dans son ensemble, estimée à seulement 1 à 2 % sur la même période.

Pourtant, Jérémie Garrot, directeur général de L'Auxiliaire, l'admet sans détour : « Notre résultat technique est légèrement négatif. » L'assureur justifie ce déséquilibre par des provisions de sécurité prises dans un contexte sectoriel BTP tendu, et son ratio de solvabilité SCR recule à 171 %.

Par choix mutualiste, L'Auxiliaire a limité la hausse socle de ses primes à 2 %, tout en consacrant près de 90 % de son chiffre d'affaires à l'indemnisation et au provisionnement des sinistres. L'assureur a par ailleurs annoncé un plan de transformation ambitieux à horizon 2035.

SMABTP : +12 % de chiffre d'affaires, mais un bénéfice en repli

SMABTP affiche de son côté un chiffre d'affaires dépassant 6 Md€, soit +12 % en un an. Mais son résultat net ressort à 212 M€, en repli de près de 15 % par rapport à 2024 — dans un contexte de crise du secteur BTP et de hausse de la charge de sinistres.

La tendance est claire : les volumes progressent, mais les résultats techniques ne suivent pas. Ce déséquilibre structurel caractérise le marché depuis plusieurs exercices.

Pourquoi ce déséquilibre technique concerne directement les artisans

Un résultat technique négatif signifie, concrètement, que les primes encaissées ne couvrent pas encore pleinement le coût des sinistres gérés. Comme l'illustre notre analyse sur la tension du marché de l'assurance décennale, ce phénomène n'est pas nouveau — mais les bilans 2025 en confirment la persistance.

Pour un artisan, cela se traduit par trois réalités concrètes.

1. Une sélectivité accrue à la souscription

Quand les assureurs provisionnent plus qu'ils n'encaissent, ils resserrent leurs critères d'acceptation. Un dossier incomplet, une activité mal déclarée ou un historique sinistré peut conduire à un refus ou à une surprime significative. Ce n'est pas un caprice tarifaire : c'est le reflet direct d'une sinistralité lourde dans le secteur.

2. Des hausses de primes qui reflètent la réalité des coûts

La décision de L'Auxiliaire de limiter la hausse à 2 % relève d'un choix mutualiste. D'autres acteurs du marché n'ont pas les mêmes contraintes. Dans un marché sous tension, les hausses s'expliquent avant tout par la progression des coûts de réparation et le rallongement des délais de règlement des sinistres.

3. Un contexte de marché qui récompense les dossiers bien construits

Dans un marché où même les leaders peinent à trouver leur équilibre technique, présenter son risque de façon optimale devient déterminant. Les certifications (Qualibat, RGE), les références chantier, le respect des règles de l'art — ces éléments pèsent concrètement dans la décision d'un assureur.

Ce que ça change dans la pratique pour votre souscription

Le marché de l'assurance construction n'est pas uniforme. Certains assureurs se retirent de certains segments — comme l'illustre le cas QBE — tandis que d'autres, comme L'Auxiliaire ou SMABTP, renforcent leurs positions mais avec une sélectivité accrue.

Pour un artisan qui souscrit ou renouvelle sa RC décennale, voici ce qui compte désormais :

  • La complétude du dossier : déclaration précise des activités réalisées, chiffre d'affaires exact, historique sinistralité transparent.
  • La cohérence entre activités déclarées et activités réelles : une activité non déclarée à l'assureur peut constituer une cause d'exclusion de garantie en cas de sinistre.
  • Les qualifications et certifications : elles signalent à l'assureur un professionnel qui respecte les règles de l'art.
  • L'anticipation : ne pas attendre la dernière minute pour renouveler ou changer d'assureur, surtout dans un marché où les délais de traitement s'allongent.

Un signal à ne pas ignorer

Les bilans 2025 de L'Auxiliaire et de SMABTP ne sont pas de simples communiqués de presse. Ils confirment que le marché de l'assurance construction traverse une phase de rééquilibrage durable. Pour les artisans, cela signifie qu'une couverture décennale solide — et bien souscrite — est plus précieuse que jamais.

Se faire accompagner par un courtier spécialisé prend ici tout son sens : dans un marché sélectif, mettre en concurrence plusieurs assureurs et présenter un dossier optimisé fait une vraie différence, tant sur l'acceptation que sur le rapport garanties/prix.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un résultat technique négatif pour un assureur BTP ?

Cela signifie que les primes encaissées sur l'activité d'assurance construction ne suffisent pas à couvrir le coût total des sinistres gérés et des provisions constituées. Le résultat net global peut rester positif grâce aux produits financiers ou à d'autres branches d'activité.

Pourquoi les bilans des assureurs influencent-ils les conditions de souscription des artisans ?

Quand la rentabilité technique est sous pression, les assureurs resserrent leurs critères d'acceptation et peuvent augmenter leurs primes. Un marché déficitaire conduit mécaniquement à plus de sélectivité sur les dossiers présentés.

L'Auxiliaire et SMABTP sont-ils les seuls assureurs spécialisés en décennale BTP ?

Non, d'autres acteurs interviennent sur ce marché. Certains se retirent de certains segments — comme QBE France — tandis que d'autres renforcent leurs positions. Comparer plusieurs assureurs via un courtier spécialisé reste la meilleure approche pour trouver une couverture adaptée.

Comment un artisan peut-il optimiser son dossier de souscription dans ce contexte ?

En déclarant précisément ses activités réelles, en fournissant un historique de sinistralité complet, et en valorisant ses certifications (Qualibat, RGE) et références chantier. Un dossier bien construit réduit le risque de refus ou de surprime.

La hausse des primes décennale est-elle inévitable en 2026 ?

Elle dépend de votre profil de risque, de votre corps de métier et de votre historique. Dans un marché sous tension, les artisans aux dossiers solides et aux activités bien déclarées s'en tirent généralement mieux. Un courtier peut vous aider à comparer les offres.

L'obligation de souscrire une RC décennale change-t-elle avec ces bilans ?

Non. L'obligation légale reste identique : tout constructeur doit être couvert par une RC décennale avant l'ouverture du chantier, conformément à l'article L.241-1 du Code des assurances. Ce qui change, c'est la difficulté à trouver une couverture dans certains segments du marché.

Que risque un artisan qui travaille sans RC décennale dans ce contexte ?

Les sanctions prévues par l'article L.243-3 du Code des assurances restent applicables : jusqu'à 75 000 € d'amende et/ou jusqu'à 6 mois de prison. En cas de sinistre, sa responsabilité personnelle est engagée sur son patrimoine propre.

Sources & références

  • L'Auxiliaire affiche un chiffre d'affaires de 281 M€ en 2025, en hausse de 6 %, pour un résultat net de près de 10 M€ — soit un résultat triplé par rapport à 2024.argusdelassurance.com
  • La croissance de L'Auxiliaire est nettement supérieure à celle du marché de l'assurance construction dans son ensemble, estimée à seulement 1 à 2 %.argusdelassurance.com
  • Jérémie Garrot, directeur général de L'Auxiliaire, reconnaît : « Notre résultat technique est légèrement négatif. » Le ratio de solvabilité SCR recule à 171 %.argusdelassurance.com
  • L'Auxiliaire limite la hausse socle de ses primes à 2 % et consacre près de 90 % de son chiffre d'affaires à l'indemnisation et au provisionnement des sinistres.argusdelassurance.com
  • SMABTP publie un chiffre d'affaires dépassant 6 Md€, soit +12 % en un an, pour un résultat net de 212 M€ en repli de près de 15 % par rapport à 2024.argusdelassurance.com
  • L'obligation de RC décennale est fixée par l'article L.241-1 du Code des assurances pour tout constructeur dont la responsabilité décennale peut être engagée.LEGI:L241-1
  • L'absence de RC décennale est sanctionnée par l'article L.243-3 du Code des assurances : jusqu'à 75 000 € d'amende et/ou jusqu'à 6 mois de prison.LEGI:L243-3
  • L'Auxiliaire triple son bénéfice malgré les tensions BTP — L'Argus de l'Assurance
  • SMABTP : bénéfice en repli de 15 % malgré une forte croissance — L'Argus de l'Assurance
  • Résultats 2025 SMABTP — News Assurances Pro
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